COMPARATIF MÉDIAS DE FILTRATION – PARTIE 1

L’objectif de cet article est de réaliser des mesures de surface en m2/m3 de supports filtrants et de les comparer aux données des constructeurs. Excédé de lire des valeurs de plus en plus élevées et souvent non justifiées, j’ai décidé de réaliser mes propres mesures. Au final, sans surprise, je trouve des valeurs « plus faibles » voir « beaucoup plus faible »…..mais attention à ne pas conclure trop vite !!!

Voici un tableau qui présente de façon non exhaustive 5 medias utilisés classiquement en filtration biologique pour les bassins à koi. Les 4 premiers sont utilisés en moving bed. Le super bio (colonnes 5 et 6) est associé à un filtre à douche en statique.

La première ligne correspond aux données constructeurs fournies par les fabriquants.

La deuxième ligne correspond à des essais que j’ai réalisés avec différents instruments de mesure (voir remarques à la fin de l’article).

La troisième ligne évalue la rugosité de la surface des medias à l’échelle micrométrique. C’est un coefficient important car, en se colonisant, la surface des medias va se lisser à cause de l’accumulation des bactéries nitrifiantes qui vont boucher les irrégularités de quelques microns. Au final, après quelques mois d’utilisation, c’est la ligne verte de la quatrième ligne qui donne le résultat réel !! Elle résulte de mes résultats sur medias neufs associés au lissage inévitable à moyen terme (perte par rugosité) .

Conclusion : Les résultats de mes essais sont très éloignés des données constructeurs mais je les défends avec sérénité. Pour me différencier de la majorité des fabricants qui restent dans le flou, je détaille à la fin de cet article les moyens que j’ai utilisés !

Mon avis au delà de ces chiffres : il faut arrêter de raisonner uniquement avec la valeur de surface de colonisation d’un media !! Lors de l’achat d’un media, plusieurs facteurs tout aussi importants sont à prendre en compte et ils sont souvent oubliés :

  • le prix du media ;
  • le volume de chambre ;
  • le prix du contenant et des aérateurs éventuels ;
  • les pertes de charge créés par l’installation….

Pour toutes ce raisons, un comparatif complet est en cours de réalisation !

Remarques en vrac :

  • Différence entre Superbio et Superbio concassé : la donnée constructeur de ce media suppose que l’intérieur de chaque morceau se colonise. Or, c’est complètement faux : Quand on casse des medias colonisés, l’intérieur est certes mouillé mais il n’y aucune bactérie nitrifiante (pas surprenant, milieu anaérobie). Je n’ai donc considéré que la surface extérieure de chaque roche. C’est pour cette raison qu’il y a une si grande différence entre mes résultats et la donnée constructeur. Malgré cet écart, ce support reste redoutablement efficace (nous en reparlerons plus tard). Pour améliorer son action, j’ai concassé les gros morceaux pour obtenir des éléments de 3 cm de côté. Sur la photo ci-dessous, le superbio concassé est à gauche :
  • Voici 2 vidéos montrant mes résultats pour l’Éco Pondchip et le BF950 :
  • Les données constructeurs semblent souvent sorties de nulle part. Les fabricants sont peu nombreux à justifier leurs résultats. Pour mes mesures, j’ai utilisé un scanner sur bras de marque Kréon et un profilomètre de marque Bruker :
Medicalexpo

Le scanner permet d’enregistrer le media dans son ensemble avec une précision de 20 microns. Le profilomètre prend le relai au niveau macroscopique avec une précision par axe inférieure au micron. Pour l’exploitation et le traitement des mesures, j’ai utilisé un logiciel de métrologie des surfaces : MountainsMap fourni par Digital Surf. L’ensemble représente 200000 euros de matériel ce qui est conséquent. De plus, les essais sont longs : Un scan de 1 mm2 sur le profilomètre nécessite 72 heures ! C’est pour cette raison que certains fabricants ont demandé une prestation externe pour caractériser sérieusement leur production (exemple : Eco Pondchip avec un laboratoire universitaire allemand).

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